Créer une swap pour optimiser un VPS
Le fichier swap
Le moyen le plus simple d'avoir un serveur réactif et de le prémunir contre les erreurs out-of-memory des services est d'allouer un fichier swap.
Le swap est une zone du disque dur spécialement créée pour que le système d'exploitation y garde des données temporaires qu'il ne peut plus stocker dans la RAM.
Cet espace permet donc aux services du serveur de continuer de tourner même lorsque la RAM est épuisée et ne sera utilisé que dans ce cas de figure.
Les informations seront cependant écrites sur le disque beaucoup moins rapidement que via la RAM.
Vérification du swap sur le système
Commençons par vérifier si un fichier de swap est déjà en place :
swapon --show
Aucun résultat : le système n'a pas d'espace réservé pour le fichier d'échange.
On vérifie une nouvelle fois s'il existe un fichier de swap actif:
free -h
Résultat:
total used free shared buff/cache available
Mem: 2.0G 240M 1.5G 3.0M 214M 1.5G
Swap: 0B 0B 0B
Pas de swap actif sur notre système, nous allons donc pouvoir en ajouter une.
Vérification de l'espace disponible
Il est très commun de créer une nouvelle partition qui contient le fichier d'échange mais comme il n'est pas toujours possible de changer le schéma de partition, nous allons créer un fichier d'échange qui résidera sur notre partition existante.
Vérifions l'espace disponible :
df -h
Résultat:
Filesystem Size Used Avail Use% Mounted on
udev 990M 0 990M 0% /dev
tmpfs 201M 3.0M 198M 2% /run
/dev/vda1 19G 3.5G 14G 20% /
tmpfs 1001M 0 1001M 0% /dev/shm
tmpfs 5.0M 0 5.0M 0% /run/lock
tmpfs 1001M 0 1001M 0% /sys/fs/cgroup
/dev/vda15 99M 121K 99M 1% /boot/efi
tmpfs 201M 0 201M 0% /run/user/0
Le disque dur se trouve sous /dev
dans notre cas.
En ce qui concerne la taille de la partition swap : elle ne doit pas dépasser 4 Go (parce qu'au-delà, c'est inutile) et doit correspondre à peu près à la taille de votre RAM (ou le double de votre RAM suivant votre serveur).
Création du fichier d'échange
Nous allons donc créer un fichier d'échange nommé swapfile
, d'une taille de 1 Go, à la racine du système (/).
fallocate -l 1G /swapfile
Par souci de sécurité, ce fichier sera uniquement lisible par l'utilisateur root
:
chmod 600 /swapfile
Vérifions les permissions et l'espace réservé :
ls -lh /swapfile
Résultat:
-rw------- 1 root root 1.0G Nov 27 19:23 /swapfile
Activation du fichier d'échange
Nous activons le fichier d'échange:
mkswap /swapfile
et ensuite :
swapon /swapfile
Vérifions l'espace de swap disponible:
swapon --show
Résultat:
NAME TYPE SIZE USED PRIO
/swapfile file 1G 2.7M -1
Le système peut désormais utiliser le fichier de swap mais cela n'est valide que pour cette session : au redémarrage du serveur, les réglages de notre fichier d'échange seront effacés.
Nous allons donc rendre les changements permanents en ajoutant notre fichier d'échange au fichier /etc/fstab
.
Commençons d'abord par sauvegarder le fichier au cas où:
cp /etc/fstab /etc/fstab.bak
et ajoutons le swap à la fin du fichier /etc/fstab:
echo '/swapfile none swap sw 0 0' | sudo tee -a /etc/fstab
Optimisation des réglages du swap
Il existe deux réglages importants : le swappiness et le cache pressure.
Le swappiness configure la fréquence du système à sortir des données de la RAM pour les mettre dans le swap. Plus la valeur est proche de zéro, et plus les opérations sont gérées par la RAM, donc traitées rapidement. Il faut donc indiquer une valeur assez basse. La valeur par défaut est 60, on la met à 10 sur le serveur :
sysctl vm.swappiness=10
Le second réglage est vfs_cache_pressure
, qui configure combien le système supprime les informations inode et dentry par rapport aux autres données. La valeur d'origine est 100, on la passe à 50 pour éviter que le système ne supprime les informations relatives aux inodes du cache trop rapidement :
sysctl vm.vfs_cache_pressure=50
Pour rendre les deux changements permanents:
nano /etc/sysctl.conf
et ajouter en fin de fichier :
vm.swappiness=10
vm.vfs_cache_pressure=50
Sauvegardez le fichier.
Conclusion
Cela devrait vous permettre d'avoir un peu plus de liberté pour les applications gourmandes en mémoire et éviter les erreurs OOM (Out of Memory). Si cela ne suffit pas, il faudra penser à allouer plus de ressources matérielles au serveur.